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lundi, 14 février 2011

Décès de M-R Morel : quand Flandre et Wallonie ne se comprennent pas

DeMorgen_HetLaatsteNieuws.JPGLa polémique autour des funérailles de Marie-Rose Morel n'en finit plus de faire rage.  Ce lundi, la presse néerlandophone dans son ensemble a tiré à boulets rouges sur la RTBF pour le reportage qu'elle avait consacré à l'événement.

Les titres de la presse flamande de ce lundi matin n'étaient pas très tendres suite au reportage controversé sur les funérailles de Marie-Rose Morel que la RTBF a diffusé lors de son JT de 13h ce samedi . Pour rappel, le journaliste Alexandre Mitea avait affirmé que l'ex-députée Vlaams Belang, décédée mardi dernier d'un cancer, s'était servie de sa maladie pour propager ses idées d'extrême droite. La grande majorité de la presse francophone s'est d'ailleurs posée la question du pourquoi d'un tel engouement autour de cette personnalité "sulfureuse".

Suite à ce début de polémique, les premières réactions au Nord s'étaient faitse entendre à l'occasion du débat dominical de la VRT De Zevende Daag. Après la diffusion du reportage de la RTBF, la présentatrice Indra De Witte estimait "qu'elle n'avait pas de commentaires à faire après cela" tandis que son collègue Chris Van den Abeele se fendait d'un "pfffffffffff" qui en disait long.

"Scandale absolu", "média de haine"...

La presse flamande de ce lundi embrayait la chaîne publique en tirant à boulets rouges sur la RTBF. Het Laatste Nieuws assène la première banderille : "Les Wallons exploitent la mort de Marie-Rose Morel" ("Walen misbruiken dood Morel") titre le quotidien le plus lu de Flandre tandis que dans son éditio, Luc Van Der Keelen parle de "Scandale absolu".

Le quotidien De Standaard juge que  « le ton du reportage de la RTBF démontre bien à quel point certains médias francophones ne savent pas gérer les éléments de politique d’extrême droite ». Le journal indépendant De Morgen pointe la « dureté » de la séquence et souligne le fait que les éditions du JT de RTL n’aient pas traité de l'évenement le samedi. Le quotidien mentionne aussi les modifications qui ont été apportées au reportage par la suite. La nouvelle version ne comporte plus les propos du journaliste qui traitait Morel « d’anti-francophone ». De Morgen lance une dernière pique en affirmant que « Tout le monde n’était pas enthousiaste sur le reportage chez la RTBF ».

Sur son internet, De Tijd titre que « Le rapport RTBF sur l’enterrement Morel échauffe les tensions ». Les francophones ne comprennent pas toute l’attention portée à cette « star d’extrême droite », en Flandre on réagit avec « horreur » sur les propos de la RTBF. Le site web reprend également les propos de Jan Segers qui qualifie la RTBF « d’un média de la haine » sur les ondes de Radio éen.

De Wever : "C'est d'une bassesse inhumaine"

Bart De Wever, qui a lancé Morel en politique avec la Volksunie, a qualifié le reportage du service public francophone d' "inhumain". "Comment media_xl_4053655-1.jpgpeut-on traîner dans la boue de la sorte une jeune mère, qui n'a pas encore été inhumée et qui ne peut plus se défendre?", enrage le président de la N-VA.  Ce dernier exige des excuses de la part de la RTBF. "Cela démontre que les Wallons ne comprennent toujours pas comment pensent les Flamands. Attaquer quelqu'un dans sa tombe, c'est d'une bassesse inhumaine. Ca me dégoûte à tel point que je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit", ajoute-t-il. "L'hommage à Marie-Rose est une évènement qui n'a rien à voir avec la politique. Il s'agissait d'un combat courageux, d'un recueillement, de souffrance, d'amour, de maternité, bref de choses profondément humaines. Et voilà comment une tragédie humaine a été souillée par une séquence dégueulasse. En réalité, les Wallons affirment par là que les néerlandophones sont moins démocratiques. Et veulent me faire passer pour une personnalité d'extrême droite", dénonce-t-il dans Het Laatste Nieuws

"Morel voulait adoucir le Vlaams Belang"


Pour Bart De Wever "Bon nombre de Wallons ne comprennent rien à la Flandre et à sa façon de penser. Au niveau du contenu, c'est inexact aussi. Je ne l'ai jamais connue comme raciste. Est-ce que les Wallons lisent la presse flamande parfois? Morel a justement voulu adoucir le Vlaams Belang", précise-t-il.

La RTBF "assume à 100%"


vbzizan11.jpgA la RTBF, on refuse de faire marche arrière. Le directeur de l'information Jean-Pierre Jacqmain,  "assume à 100% ce reportage, même s'il manque peut-être un peu de tact". "Je suis étonné de l'ampleur que ça prend, prolonge-t-il. C'est comme si nous ne pouvions plus dire les choses. Oui, nous restons perplexes par rapport à ce phénomène des Flamands connus, comme nous nous étonnons de la banalisation d'un parti qui défend des idées inacceptables", a-t-il lors d'un reportage sur la polémique consacré par le 13h de la chaîne publique francophone.

Sources (Le Soir, RTBF, Het Laatste Nieuws, De Tijd, De Morgen, De Standaard)

Pour compléter votre information et pour vous forger une opinion sur cette polémique illustrant l'incompréhension mutuelle entre les deux communautés du pays, nous vous invitions à relire le papier du Politic Twist sur les obsèques de Marie-Rose Morel ainsi qu'un excellent article de Michel Henrion sur son blog de communication "Demain, on rase gratis..."

Le destin de Marie-Rose Morel: pourquoi les francophones ne comprennent pas que les flamands ne comprennent pas leur incompréhension. (et inversément) Par Michel Henrion


Vous verrez: en médiapolitique, le décès de Marie-Rose Morel restera longtemps un événement. Aux retombées plus conséquentes qu’il n’y paraît. Parce que cette fois, le marqueur de l’inconciliable à concilier est émotionnel.
Oh, on sait bien que ce que l'homme appelle vérité, c'est toujours sa vérité, c'est-à-dire l'aspect sous lequel les choses lui apparaissent, disait à peu près je ne sais plus quel penseur. Mais ici, ce qui frappe, c’est une incompréhension totale entre Nord et Sud. Lire la suite...

mercredi, 29 septembre 2010

Lettre aux politiques chargée au Vitriol!

gunzig.jpg


Samedi dernier, Thomas Gunzig adressait une lettre au vitriol à tous les hommes politiques impliqués dans la réforme de l'Etat sur les ondes de La Première.

Voici le texte en intégralité :


Bande de cons!
Pas vous, cher public!

Les autres, les formateurs, informateurs, explorateurs, chefs de groupe, présidents de parti flamand, présidents de parti francophone, seconds couteaux, troisièmes couteaux, de gauche, de droite, les cathos, les écolos, les franc-maçons, les libéraux...

Bande de cons de Flandre
Bande de cons de Bruxelles
Bande de cons de Wallonie.

D'abord à tous ceux qui croient avoir gagné les élections d'il y a 5 mois.
A tous ceux qui avaient un grand sourire
A tous ceux qui avaient les bras en l'air.

Le temps est venu de vous avouer quelque chose:
Les gens n'ont pas voté pour vous parce qu'ils vous aimaient.
Les gens ont voté pour vous parce qu'ils étaient obligés.

A la veille du onze juin: dans les rues, les maisons, les bureaux, les gens hochaient la tête et se demandaient vraiment qui ils allaient pouvoir choisir parmi ce catalogue de nuls, de klets, de nouilles, d'opportunistes agressifs, de carriéristes sans charisme, de mal fringués, de gros types à l'élocution problématique, de petits nerveux en pleine tendinite de l'égo, de semi-hystériques, de semi-mafieux, de cyniques, de je-m'en-foutistes, de ratés, de tout le reste, de fils à papa, d'experts comptables en décrochage professionnel, d'entrepreneurs en faillite frauduleuse, de sinistres, de pas lavés, de faux gentils, de vrais méchants...

Les Leterme, De Crem, Reynders, Milquet, Michel, De Wever, Maingain, Wattelet, Bacquelaine... Cette morbide collection de névrosés qui nous gouvernent avec leurs troubles anxieux, leurs troubles dissociatifs, leurs troubles psycho-sexuels, leurs troubles obsessionnels compulsifs.

Et en plus, ils sont tous... si moches...

Cette élection, à tout le monde, ça a un peu fait l'impression d'un de ces mariages forcé que l'on organise dans des pays très loin d'ici.
C'est comme si on avait été une jeune fille devant choisir entre le vieux marchand qui pète au lit ou l'arrière-cousin qui ne se brosse pas les dents.

Bande de cons.
Vous n'avez rien gagné du tout.
Si c'était possible, on reprendrait nos voix et on ne les donnerait qu'après les négociations, à ceux qui auraient su être un peu intelligents, un peu sobres, un peu humains.
Mais non. Donner c'est donner, reprendre c'est voler.

Vous aviez un chouette petit pays, pas très grand mais bien équipé de voisins plutôt sympas bien situé avec la mer, avec la forêt, avec pas trop de charges.
Vous aviez une chouette petite population, pas parfaite parfaite.
Mais en gros, ce n'était pas des talibans non plus, c'était pas des Contras, c'était pas des Tigres Tamouls: une petite population de fabricants de pralines, des marchands de kayaks, des chanteurs à texte, des comiques parfois drôles, des stylistes un peu punk, des postiers plutôt polis, des sportifs en minijupe, des flics à moustache, des tas de gens prêts à travailler plus, à gagner toujours moins et à ne pas dire grand-chose.
Une petite population qui mélange le goût des mandarines à celui des spéculoos.
Une petite population qui n'a rien contre l'Eurovision ni les horodateurs.


Une petite population qui rend visite à ses grands-parents le dimanche pour boire un café après le chicon gratin.
Une petite population de buveurs de bière et de joueurs de kicker.
Une petite population qui emmène ses enfants à Plankendael au printemps et à Paradisio en hiver...  Comme ça, sans ennuyer le monde, en VW Touran.
Une petite population prévoyante qui a quelques euros sur un compte-épargne et une concession au cimetière.
Une petite population qui est plutôt toujours d'accord et en gros une petite population qui ne veut pas d'histoires.

Et vous,
Bande de cons,

Tout ce que vous trouvez à faire, ce sont ces petites réunions où l'on tourne encore plus en rond que sur un circuit Marklin, ce sont ces petits comités aussi stériles qu'un champs de patates à Tchernobyl, ce sont ces petites réactions à chaud qui me rappellent les crises de mon chat, quand il n'aime pas la marque de ses croquettes, ce sont ces airs de petits tribuns en solde, ce sont ces grands chevaux sur lesquels vous montez et qui seront toujours comme ces petits poneys tristes de la foire du Midi.

Tout ce que vous trouvez à faire, c'est de vous tirer dans les pattes pour gagner une floche qui vous donnera droit à un tour gratuit sur ce manège sinistre que vous appelez "politique".

Bande de nuls.

Alors moi,
J'ai eu une idée, une grève, une vraie grève, une bonne grève, une grève de tout le monde tant que la politique Belge ressemblera à une conserve de rollmops:
Les enfants n'iront plus à l'école, les femmes enceintes n'accoucheront pas, les déménageurs ne déménageront pas. Navetteurs, ne navettez plus, alcooliques, n'alcoolisez plus, chauffeurs, ne chauffez plus, pilotes, mécaniciens, traiteurs, bouchers, pêcheurs, éboueurs, esthéticiennes, taxidermistes, stripteaseuses, scaphandriers, géomètres experts, fleuristes, traders, opticiens, huissiers, substituts, gourous, préfets, trésoriers, banquiers, infographistes, ajusteurs, analystes programmeurs, techniciens, hotliners, proxénètes, dealers, animateurs, orthodontistes, urologues, animateurs socioculturels, fossoyeurs...

Et tous les autres...
Total Stand By! On arrête tout...
Et vous verrez que dans trois jours, ils feront moins les malins.

 

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