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samedi, 08 janvier 2011

Et si tout cela n'était pas simplement planifié ?

Ce samedi sur notre blog, nous avons lu un (long et intéressant) commentaire que nous aimerions vous partager. Le voici.

C. H.

Certains élus flamands (beaucoup) souhaitent plus ou moins ouvertement une autonomie totale de la Flandre. En tout cas, les plus puissants de leurs élus (démocratiquement).
 Sur base d'une frontière linguistique bien rigide, qui incluerait Bruxelles et les communes à "facilités" en Flandre. Point.

Pour eux, la notion de droit du sol reste et restera inaltérable, inflexible. La Flandre a cet avantage d'être riche (même si l'Histoire montre que cela peut être tellement éphémère sur la longue ligne du temps), elle a donc tous les atouts, aujourd'hui, pour mener la danse et obtenir ce qu'elle veut, le plus vite possible. Les élus wallons le savent, et font tout ce qui est possible pour freiner ce processus.

Gagner du temps pour essayer de peaufiner leur plan "B"

pict_237905.jpegPourquoi ? Parce qu'une Wallonie autonome filerait tout droit vers la banqueroute ! Di Rupo et autres ne sont pas plus Belgicains que ça. S'ils défendent une certaine Belgique (éventuellement confédérale), ce n'est que pour pouvoir continuer à obtenir de l'argent venu du Nord (ils appellent ça "solidarité"), au moins via la redistribution de l'IPP et des taxes. Jusqu'ici, ils n'ont fait que gagner ... du temps. Rien de plus.

Gagner du temps pour essayer de peaufiner leur plan "B", puisque la séparation semble inéluctable (du côté flamand, c'est leur plan "A", ne l'oublions pas). Les politiques wallons ont sans doute ouvert les yeux trop tard. Quant à Bruxelles, et ses 85% de francophones, son avenir ne passera jamais par un attachement à la Wallonie. Les Flamands obtiendront et leur autonomie (fiscale y compris) et Bruxelles, puisqu'elle est sur le sol flamand. A moins que Bruxelles puisse devenir une enclave européenne, une sorte de district, éventuellement élargi aux seules communes (6) à "facilités" ?

Ainsi, la Flandre serait un nouvel état (encore non-intégré à l'Europe, voire non-reconnu), la Wallonie serait la Belgique (état faisant partie des 27, et pouvant continuer à recevoir de gros subsides européens), et Bruxelles serait un micro-état sous tutelle européenne. Après tout, la seule chose qui compte c'est "comment chaque entité pourra être financée". Si chacune peut percevoir des impôts sur son propre territoire, une partie de la question est résolue.

Ce que Bruxelles pourrait faire

imgres.jpegBruxelles pourrait peut-être accorder moins de largesses aux très nombreux fonctionnaires européens qui y vivent et y travaillent, et les soumettre à l'impôt (par exemple). Bruxelles pourrait aussi percevoir une taxe à l'accès (sur un périmètre à déterminer, mais disons "à l'intérieur du ring"), quelle que soit la nationalité et la provenance de "l'accédant", et percevoir une partie des impôts de ceux qui y travaillent mais n'y vivent pas.

Dans l'autre sens, Bruxelles pourrait faire en sorte de clarifier la situation fiscale des quelques milliers de ses citoyens qui y vivent mais ont domicilié leur entreprise au Luxembourg (ou dans un autre paradis fiscal). Ceci pourrait d'ailleurs se faire aussi en "Belgique" et en Flandre.

Question financement, la "Belgique" (ex-Wallonie) serait en position de demander de l'aide à l'Europe, dans un premier temps. Quant à la Flandre, elle sait qu'elle est (temporairement ?) viable. En tout cas, elle le croit. Peu nous importe, finalement.

Enfin, posons la question aux Germanophones de savoir s'ils veulent rester intégrés à la future Belgique ou devenir eux aussi autonomes à tous points de vue.
Par rapport à l'autonomie politique, rien de plus simple. La Wallonie (devenue Belgique) peut s'écrire une constitution, des lois, fonctionner avec un gouvernement et un président dans un système mono-caméral, en supprimant les arrondissements pour tout rationnaliser sur ses cinq provinces. Un président élu par le peuple (pas par le Parlement) tous les cinq ans. Lequel président désignerait un premier ministre qui composerait son gouvernement.

La Flandre ? Elle a déjà tout prévu.

flandre.1199370982.jpegUn scrutin législatif permettrait de composer un parlement. La première fois, en même temps que l'élection présidentielle. Ensuite, en fonction de ce que dira la constitution wallonne (Belge). 
Pour Bruxelles, district européen, idem. Mais en gommant tout d'abord la notion de parité entre néerlandophones et francophones (50/50). Président élu au suffrage universel, etc. Et un parlement qui serait le véritable reflet de la population du point de vue linguistique. La Flandre ? Elle a déjà tout prévu. Pas de souci à se faire pour elle.

Bon, tout ça peut vous paraître naïf. C'est vrai. Mais est-il moins naïf de continuer à croire que la Belgique restera unie dans les cinq années qui viennent ? Est-il moins naïf de croire qu'après plus de 200 jours sans accord nos politiques en trouveront un qui satisfera tout le monde ? Pas sûr.

Sortir dans la rue ou bien ...

elections_2.jpegCe qu'il faudrait obtenir, quitte à descendre dans la rue, c'est un referendum. Ce mode de scrutin n'est pas prévu, n'existe pas ? Mais il suffit d'avoir le courage de faire une ou plusieurs exceptions.

Le tout, dans un referendum, est de poser les bonnes questions, sans tabou, et pour lesquelles la réponse ne peut être que oui ou non.

 

Auteur : Eclair