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mercredi, 29 septembre 2010

Lettre aux politiques chargée au Vitriol!

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Samedi dernier, Thomas Gunzig adressait une lettre au vitriol à tous les hommes politiques impliqués dans la réforme de l'Etat sur les ondes de La Première.

Voici le texte en intégralité :


Bande de cons!
Pas vous, cher public!

Les autres, les formateurs, informateurs, explorateurs, chefs de groupe, présidents de parti flamand, présidents de parti francophone, seconds couteaux, troisièmes couteaux, de gauche, de droite, les cathos, les écolos, les franc-maçons, les libéraux...

Bande de cons de Flandre
Bande de cons de Bruxelles
Bande de cons de Wallonie.

D'abord à tous ceux qui croient avoir gagné les élections d'il y a 5 mois.
A tous ceux qui avaient un grand sourire
A tous ceux qui avaient les bras en l'air.

Le temps est venu de vous avouer quelque chose:
Les gens n'ont pas voté pour vous parce qu'ils vous aimaient.
Les gens ont voté pour vous parce qu'ils étaient obligés.

A la veille du onze juin: dans les rues, les maisons, les bureaux, les gens hochaient la tête et se demandaient vraiment qui ils allaient pouvoir choisir parmi ce catalogue de nuls, de klets, de nouilles, d'opportunistes agressifs, de carriéristes sans charisme, de mal fringués, de gros types à l'élocution problématique, de petits nerveux en pleine tendinite de l'égo, de semi-hystériques, de semi-mafieux, de cyniques, de je-m'en-foutistes, de ratés, de tout le reste, de fils à papa, d'experts comptables en décrochage professionnel, d'entrepreneurs en faillite frauduleuse, de sinistres, de pas lavés, de faux gentils, de vrais méchants...

Les Leterme, De Crem, Reynders, Milquet, Michel, De Wever, Maingain, Wattelet, Bacquelaine... Cette morbide collection de névrosés qui nous gouvernent avec leurs troubles anxieux, leurs troubles dissociatifs, leurs troubles psycho-sexuels, leurs troubles obsessionnels compulsifs.

Et en plus, ils sont tous... si moches...

Cette élection, à tout le monde, ça a un peu fait l'impression d'un de ces mariages forcé que l'on organise dans des pays très loin d'ici.
C'est comme si on avait été une jeune fille devant choisir entre le vieux marchand qui pète au lit ou l'arrière-cousin qui ne se brosse pas les dents.

Bande de cons.
Vous n'avez rien gagné du tout.
Si c'était possible, on reprendrait nos voix et on ne les donnerait qu'après les négociations, à ceux qui auraient su être un peu intelligents, un peu sobres, un peu humains.
Mais non. Donner c'est donner, reprendre c'est voler.

Vous aviez un chouette petit pays, pas très grand mais bien équipé de voisins plutôt sympas bien situé avec la mer, avec la forêt, avec pas trop de charges.
Vous aviez une chouette petite population, pas parfaite parfaite.
Mais en gros, ce n'était pas des talibans non plus, c'était pas des Contras, c'était pas des Tigres Tamouls: une petite population de fabricants de pralines, des marchands de kayaks, des chanteurs à texte, des comiques parfois drôles, des stylistes un peu punk, des postiers plutôt polis, des sportifs en minijupe, des flics à moustache, des tas de gens prêts à travailler plus, à gagner toujours moins et à ne pas dire grand-chose.
Une petite population qui mélange le goût des mandarines à celui des spéculoos.
Une petite population qui n'a rien contre l'Eurovision ni les horodateurs.


Une petite population qui rend visite à ses grands-parents le dimanche pour boire un café après le chicon gratin.
Une petite population de buveurs de bière et de joueurs de kicker.
Une petite population qui emmène ses enfants à Plankendael au printemps et à Paradisio en hiver...  Comme ça, sans ennuyer le monde, en VW Touran.
Une petite population prévoyante qui a quelques euros sur un compte-épargne et une concession au cimetière.
Une petite population qui est plutôt toujours d'accord et en gros une petite population qui ne veut pas d'histoires.

Et vous,
Bande de cons,

Tout ce que vous trouvez à faire, ce sont ces petites réunions où l'on tourne encore plus en rond que sur un circuit Marklin, ce sont ces petits comités aussi stériles qu'un champs de patates à Tchernobyl, ce sont ces petites réactions à chaud qui me rappellent les crises de mon chat, quand il n'aime pas la marque de ses croquettes, ce sont ces airs de petits tribuns en solde, ce sont ces grands chevaux sur lesquels vous montez et qui seront toujours comme ces petits poneys tristes de la foire du Midi.

Tout ce que vous trouvez à faire, c'est de vous tirer dans les pattes pour gagner une floche qui vous donnera droit à un tour gratuit sur ce manège sinistre que vous appelez "politique".

Bande de nuls.

Alors moi,
J'ai eu une idée, une grève, une vraie grève, une bonne grève, une grève de tout le monde tant que la politique Belge ressemblera à une conserve de rollmops:
Les enfants n'iront plus à l'école, les femmes enceintes n'accoucheront pas, les déménageurs ne déménageront pas. Navetteurs, ne navettez plus, alcooliques, n'alcoolisez plus, chauffeurs, ne chauffez plus, pilotes, mécaniciens, traiteurs, bouchers, pêcheurs, éboueurs, esthéticiennes, taxidermistes, stripteaseuses, scaphandriers, géomètres experts, fleuristes, traders, opticiens, huissiers, substituts, gourous, préfets, trésoriers, banquiers, infographistes, ajusteurs, analystes programmeurs, techniciens, hotliners, proxénètes, dealers, animateurs, orthodontistes, urologues, animateurs socioculturels, fossoyeurs...

Et tous les autres...
Total Stand By! On arrête tout...
Et vous verrez que dans trois jours, ils feront moins les malins.

 

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Commentaires

Ca date des élections de 2007 (il parle d'ailleurs du 11 juin, et pas du 13).
Mais ça ne fait rien!

On en trouve par ailleurs la version sonore sur youtube: http://www.youtube.com/watch?v=OedAFd7C1dA

Écrit par : Benoit | mercredi, 29 septembre 2010

Et thomas ne cite pas d'hommes politiques socialistes ?
Un acte manqué ???

Écrit par : ROUSSEAU | jeudi, 30 septembre 2010

J'aurais préféré ne pas abuser du mot con et ses dérivés, mais c'est le mot préféré de Thomas Gunzig.

Bande de cons !
Pas vous, chers politiciens !

«Quelle triste chose que sur toute la terre les gouvernements soient toujours précisément aussi coquins que les mœurs de leurs sujets peuvent leur permettre de l'être» Alexis de Tocqueville.

Le problème de la Belgique ce ne sont pas les politiques mais les Belges qui votent pour eux.

Peut-on se moquer de politiques ? Oui, bien sûr, mais…

Il est bon de rappeler quelques notions élémentaires. La politique est « Art et pratique du gouvernement des sociétés humaines » et le politique ou le politicien, la personne qui s'occupe de politique à titre professionnel. Ceci veut dire avant tout que la politique est une pratique dont nous ne pouvons pas nous en passer et les politiques des personnes qui ne peuvent pas ne pas exister. Par conséquent, vous ne pouvez pas supprimer la politique et les politiques non plus, mais vous pouvez les remplacer par d'autres qui finiront par ressembler à leurs prédécesseurs. Bien entendu, tous les politiques ne sont pas à la hauteur de leur noble tâche ni de ce qu’on est en droit d’exiger d’eux. Cela n’a rien d’étonnant. C’est ainsi dans tous les métiers. La plupart des chirurgiens font leur boulot dans les règles de l’art ; d’autres vont jusqu’à vous amputer la jambe gauche quand ‘il fallait amputer la jambe droite. Pour un Tolstoï, un Mauriac, un Hemingway, ou un Mario Vargas Llosa vous avez un bon nombre d'écrivaillons qui déconnent noir sur blanc ou qui polluent les médias matin et soir. Faut-il conclure que la chirurgie est une connerie et tous les chirurgiens une bande de cons ? La littérature une connerie et tous les écrivains une bande de cons ? Vous l’avez bien compris. Vous pouvez juger sévèrement les mauvais chirurgiens, les mauvais écrivains et les mauvais politiques, mais vous ne pouvez pas les mettre tous dans le même sac. Traiter tous les politiques de bande de cons est une connerie. Que dire de ceux qui les traitent des cons ?

Il est irresponsable, surtout en temps de crise, de discréditer les politiques aux yeux des citoyens. Quel que soit notre rôle dans la société, notre devoir est de faire la différence entre ceux qui méritent le mandat que nous leur avons confié et les autres. Et puis, si la Belgique figure parmi les rares pays où il fait bon vivre malgré ses problèmes actuels, c’est parce que ceux qui l’ont gouverné ne sont pas tous aussi mauvais qu’on le dit.

La grande majorité de la population aime critiquer les politiques et se régale quand, dans les médias, certaines personnes s’adonnent au plaisir de les accabler de tous les défauts. Il y a une tendance à critiquer ceux qui ont grimpé les échelons médiatiques jusqu’au sommet, surtout quand ils sont regardés d’en bas. C’est la petite vengeance des petits pour la plupart cachés courageusement derrière l’anonymat des forums sur internet. D'autres sont protégés par le statut d’humoristes à la manière des bouffons du roi. Ceux-ci avaient le rare privilège d’être les seuls à se moquer du roi parce que celui-ci les autorisait à le faire. Aujourd’hui, la liberté d’expression garantie par la Constitution permet aux humoristes de se moquer de tout. Mais cette Constitution fut conçue, votée et maintenue par ceux que certains traitent de cons. Mauvaise foi, ignorance, irresponsabilité, incivisme, petitesse d’esprit ? Un peu de tout.

L’humour politique qui consiste à ridiculiser les politiques est de l’humour facile, très facile, le plus facile. Le succès est acquis d’avance. Le moindre sarcasme provoque les rires et les applaudissements. Et puis, cela procure un sentiment de supériorité très low cost. Abaisser les autres est une façon de se sentir plus malin. Il est plus difficile de se hisser à leur niveau, mais il est vrai que “Faire le malin est le propre de tout imbécile» comme le prétendait Courteline.

Le dénigrement permanent de la classe politique, les « tous pourris », est une stratégie propre au Poujadisme, au Front National de Le Pen et aux nationalismes et populismes en général. Cela fait rire la galerie, mais leur objectif est de fragiliser la démocratie. Certains, sans le vouloir, mais parce qu’ils sont cons, sont complices de cette stratégie tout en se croyant malins et avisés, ajoutant ainsi le ridicule à l’inconscience.

À entendre tous ces critiques, il suffirait d’écarter les hommes et les femmes politiques en oubliant qu’il faudra toujours des citoyens chargés de gouverner et que gouverner suppose une activité politique, que le régime soit démocratique ou pas. Ou alors, faudrait-il les remplacer par d’autres qui finiraient par adopter les mêmes défauts de ceux qu’ils remplacent, poussés par le comportement des citoyens ? Umberto Eco prétend que le problème de l’Italie n’est pas Silvio Berlusconi, mais les Italiens qui votent pour lui. Ces cons l'ont élu trois fois. Bien sûr, le moins con de tous est Silvio.

Si les humoristes et les citoyens poujadistes ont raison, il faudra tirer des conclusions peu flatteuses pour nos concitoyens. En Belgique ce serait comme en Italie, nous avons les dirigeants que nous méritons. Ils seraient un pur produit de notre société. Pourquoi certains votent toujours, de génération en génération pour le même parti et les mêmes politiques ? Pourquoi nous croyons-nous obligés de voter pour des cons quand il est possible de choisir les meilleurs candidats ou les moins mauvaiselt, au lieu de voter en tête de liste ? Pourquoi, ne pas rendre le vote nul si tous les candidats sont des cons ? Quelle révolution si 80 % des électeurs votait nul parce qu’ils considèrent, en leur âme et conscience, que tous les candidats sont cons. Pourquoi élit-on et réélit-on certains politiques ? Parce qu’il y a assez des cons pour les réélire et parce qu’on ne trouve pas mieux ? Que ceux qui trouvent tous les politiques cons et nuls qu'ils fassent de la politique sans déconner, pour autant qu'ils en soient capables.

Peut-on améliorer la qualité des politiques sans remplacer les citoyens ? Si oui, qu’est-ce qu’on attend pour le faire ? Sinon, soyons plus humbles et soignons-nous.

Écrit par : César Botero | lundi, 11 octobre 2010

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